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Le melon charentais

De mai à octobre ce cucurbitacée colore nos assiettes. Il est beau, il est plutôt « balaise », il est juteux et parfumé. Il est bon, très bon même, mais encore faut-il savoir le choisir ? Plonger le nez sur ses petites crevasses qui exhalent des parfums révélateurs de sa maturité n’est pas si simple. Mieux le connaître pour mieux le choisir « avec les yeux », est-ce possible ?

Bien dans ses chaussons, le Charentais ? 

Pas tant que ça car la concurrence est rude. Ce cucurbitacée n’a pas la grosse tête. Produit en Espagne et en Italie, la France ne viendrait qu’en 3e position pour la production du melon. Il n’a de charentais que le nom, aucun rapport ne subsiste avec le département de Charente-Maritime. Il vient d’Afrique tropicale et australe, cultivé par les Egyptiens, vers le Ve siècle avant JC. C’est sous le règne de Charles VIII, de retour d’Italie (le melon était cultivé à Cantaloupo, d’où le nom de la variété…), qu’au XVe siècle il arrive en France.

L’Association du melon charentais nous révèle que le melon jaune (par opposition au « vert » dit aussi d’Espagne » pousse essentiellement dans 3 secteurs localisés dans le Sud-Est, Sud-Ouest et Centre-Ouest qui totalisent en moyenne 260 000 tonnes par an (58 000 tonnes dans le Sud-Ouest), suivant des chiffres relevés en avril 2018 par le Centre Technique Interprofessionnel des Fruits et des Légumes. 


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La maturité vient avec l’âge… 

L’arrivée du melon dans les commerces annonce les beaux jours. Et chacun dispose de sa propre technique pour le choisir : le sous-peser, le tâter, ou encore le sentir… Le sous-peser est une bonne technique quand on sait que le melon prend du poids en mûrissant, mais elle a ses faiblesses car les poignées « faibles » auront tendance à surestimer le poids du melon. Le pédoncule du melon se casse avec la maturité, ce qui constitue un deuxième critère de choix. Un pédoncule bien accroché reste une preuve de jeunesse et donc d’absence de maturité. Sa peau s’assouplit avec le temps, ce qui devient perceptible au toucher. Enfin des parfums caractéristiques se diffusent lorsqu’il est prêt à consommer : ronds, sucrées et légers… 

Traditionnellement accompagné de jambon cru, de porto, pour ceux qui veulent l’associer, il est très souvent consommé nature en complément d’une salade, très juteux, il est idéal en jus pour des boissons rafraîchissantes ou en sorbets. La cuisson lui va bien les confitures révèlent d’autres saveurs et textures. En plat chaud il parfumera un blanc de poulet ou de canard… il est consommable toute la journée, en entrée, en plat ou en dessert.


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